Le chômage, une épreuve à deux...

Publié le par Paradoxale

coupleQuand The homme s'est retrouvé au chômage et que j'ai vu que ça durait , je me suis dit qu'il fallait absolument que je le soutienne dans cette épreuve et qu'il devait pouvoir compter à fond sur moi. Du coup, j'ai fureté un peu sur le net pour savoir comment je pouvais l'aider et le soutenir, et quelle n'a pas été ma surprise de constater que les articles là-dessus sont plutôt rares, alors que le mal est fréquent ! Voici donc un article pour récapituler ce que j'ai fait moi-même et pour aider, j'espère, les personnes qui sont dans cette situation :


Le chômage, une épreuve bien difficile...

Je pense que le chômage, ça touche vraiment une part profonde de notre personnalité. Ca remet en cause notre place dans la société (on en est exclu, on n'existe plus pour elle que comme un être dépendant, à cause des allocations qu'elle nous donne), mais aussi notre place dans la famille (on ne se sent plus capable de subvenir aux besoins du couple, de la famille et ça déséquilibre l'harmonie qu'on s'était construit petit à petit, on a honte de ne pas travailler, de ne pas y arriver).

Le chômage, c'est aussi dur pour le moral car ça remet en question ce qu'on est, ce qu'on pense, ce qu'on a fait jusqu'à présent, ce dont on est capable. L'acte même de faire un CV ou une lettre de motivation nous confronte à notre parcours et à nos compétences et peut être décourageant car, pour peu qu'on ait travaillé des années, mais sans formation particulière, sans diplôme particulier, on se sent vraiment pas en position de lutter contre tous les diplômés actuels (qui peinent aussi à trouver du travail, soit dit en passant...). Le moral en prend aussi un coup énorme lorsqu'on essuie refus sur refus, au travers de lettres de réponse sans aucune humanité (comme des réponses automatiques dans lesquelles ils ne changent que le nom...).

Matériellement, ce n'est pas évident non plus : continuer de vivre sur ses allocations et sur ses économies, faire très attention aux dépenses en ne sachant pas ce que l'avenir réserve, tels sont les deux choix qui se présentent, toujours avec le poids de l'autre, de la famille qu'on voudrait choyer malgré le chômage.

 

Pour le conjoint et les proches, le chômage est un moment très difficile à gérer car il s'agit de trouver un juste milieu, une juste posture. S'énerver face à l'absence de travail et de revenus, surprotéger notre conjoint, être indifférent, ne pas en parler de peur de froisser, faire comme si de rien n'était, étaler ses propres aventures au travail, jouer à la conseillère-qui-sait-tout, dramatiser la peur de l'avenir... tels sont les dangers, les travers à éviter absolument, pour l'équilibre du conjoint comme pour le bonheur du couple. Car la rancoeur, à mon avis, s'installe vite dans ce genre de situation.

 

Comment réagir ?

Bon alors, je pense qu'il y a plein de manières de réagir mais que le principe de base, c'est de s'adapter et d'être vraiment attentif aux réactions de l'autre, car il est le plus fragile dans cette situation, le plus "instable". Moi, ce dont j'ai le plus peur, c'est qu'il entre en dépression... J'en ai peur car je pense que c'est ainsi que je réagirais moi-même, sans activité, donc je veille...


Pour qu'il ne reste pas enfermé à longueur de temps à la maison, je le pousse à aller voir des amis, à aller au pôle emploi ou dans les intérim pour rencontrer des gens, pour parler, pour continuer à vivre et à exister dans le monde. Je trouve que c'est en effet important qu'il ait ce sentiment de faire partie d'un groupe, de la société.

Pour éviter l'inactivité et la déprime qui va avec, on s'est remis au sport tous les deux et on fait nos deux séances hebdomadaires. Ca permet une certaine régularité dans l'effort, et ça permet de se vider la tête tous les deux et de faire le plein d'énergie pour la suite.

A la maison, je lui laisse prendre plus d'initiatives, faire plus de choses car il a vraiment besoin de se rendre utile. Je le valorise dans ces actions et je lui en demande même davantage! L'impression de ne servir à rien traverse souvent l'esprit d'un chômeur et ces petits gestes du quotidien qu'il accomplit peuvent l'aider, un peu, à lutter contre cette pensée négative.

Régulièrement aussi, nous parlons de sa recherche d'emploi et des étapes qu'il franchit dans sa tête et dans sa vie. C'est le plus dur, le plus douloureux pour le couple car les moments de craquage se passent au cours de ces dialogues, mais ils sont vitaux, pour les deux conjoints qui évacuent leurs peurs, qui se soutiennent, s'encouragent et se donnent mille preuves de leur amour. Ce sont des moments difficiles, mais de beaux moments. Même si votre conjoint ne parle pas aisément, il faut arriver à le débloquer : poser des questions, lui parler de vos sentiments, de vos craintes, de votre manière de voir les choses... Tout cela devrait l'amener à s'ouvrir et se confier. Mais surtout, ne jugez pas, écoutez le plus possible, laisser le silence faire son travail quand il le faut, et la parole venir quand elle le peut.

Concernant sa recherche d'emploi, je l'aide aussi à faire le point. Car il n'est pas évident pour un chômeur de prendre assez de distances pour savoir où aller, comment faire, quelles questions se poser. Alors, de temps en temps, je lui pose les questions que je pense être adéquates : quels secteurs t'intéressent, quelles formations tu voudrais et pourrais suivre, quel type de métier, de contrat, dans quel secteur géographique, comment tu penses t'y prendre... Des questions qui le feront réfléchir et en même temps avancer. S'il me le demande, je peux aussi faire des recherches avec lui sur le net (formations, annonces...).

Mais je veille également au rythme de toutes ces actions car il ne s'agit pas d'oppresser le conjoint et d'être sur-présente dans sa recherche d'emploi car la vraie motivation, elle ne peut venir que de lui et face à un soutien trop intensif, il pourrait se sentir écrasé.

 

En conclusion, je dirais qu'il faut lui faire sentir (et lui dire) que vous êtes là, que vous le soutenez, qu'il faut veiller à l'aider quand vous sentez qu'il perd pied, mais qu'il faut aussi savoir le laisser seul, pour qu'il puisse avoir des moments de réflexion et de retour sur lui-même, inévitables pour un nouveau départ dans la vie professionnelle.

 

Si vous avez d'autres idées et suggestions, n'hésitez pas, je ferai un ajout !

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etre-une-femme 15/08/2010 06:30


C bien que tu le soutienne car ca ne doit pas être facile ! biz miss


Paradoxale 15/08/2010 14:10



merci!



ApollineR 15/08/2010 00:16


Je pense que ce qui est dur c'est que les chômeurs sont considérés comme des parias dans la société actuelle. Comme si on n'existait que par son travail. Bon courage à vous 2.


Paradoxale 15/08/2010 14:10



tu as raison... le rejet est parfois violent! Merci pour ton message!