Etre une femme, pas toujours facile...

Publié le par Paradoxale

Aujourd'hui, j'ai commencé un livre que je savais d'emblée dérangeant, en même temps que passionnant, parce qu'il touche à des sujets qui m'ont toujours intéressée. Il s'agit du Livre noir de la condition des femmes, dirigé par Christine Ockrent. Cet ouvrage aborde, comme son titre l'indique, la condition féminine dans le monde, dans les sociétés occidentales, comme orientales.

Pourquoi ces thématiques m'intéressent-elles ? Parce que, grâce à mes études, j'ai été amenée à me pencher sur le sort des femmes en temps de guerre, du XVIe siècle à nos jours et j'ai donc lu plusieurs ouvrages sur la question féminine. Parce que, également, en tant que femme, j'ai encore énormément de mal à me situer, à trouver une place qui serait mienne et qui ne serait pas dictée par l'extérieur. Parce que, enfin, l'injustice que subissent certaines populations, et à un degré souvent plus fort ,certaines populations féminines, me révolte au plus haut point, alors même que je n'en connais qu'une infime partie.

Alors voici quelques réflexions que je livre comme ça... d'autres suivront sans doute, au fil de ma lecture, de mes interrogations !

 

Etre une femme, une somme d'idées fantasmées :

Plus je réfléchis à la question (qui se décompose en une foultitude d'autres questions : qu'est-ce qu'une femme, qu'est-ce qu'être une femme, comment assumer d'être une femme?), plus j'observe autour de moi, plus j'essaie de me trouver en tant que femme, et plus je trouve que c'est une entreprise vraiment ardue. Car la femme, finalement, regroupe un très grand nombre de "fantasmes", c'est-à-dire d'idées abstraites, idéalisées, impossibles peut-être, qu'on se fait d'elle et qui ne fait qu'effleurer, sans doute, la réalité. Quelles sont ces idées ? Que serait une femme, LA femme ? Cela pourrait être :

 

-la mère, qui enfante

-l’épouse, fidèle, qui porte le nom de l'homme

-la maîtresse, érotique

-la prostituée, érotique et asservie

-la femme au foyer, la ménagère qui s'occupe de la maison

-la cuisinière, qui prend en main tous les repas et doit savoir cuisiner

-la soumise, qui n'a pas son mot à dire

-la fragile, qui a besoin qu'on l'aide, qu'on l'assiste

-la protectrice, sur qui on peut compter

-l’autoritaire, qui dirige, gère le quotidien

-l’étrangère, l'autre sexe, inconnu, qui fait peur

-l’hystérique, qui ne sait pas contrôler ses émotions

-… (liste à compléter selon les cultures et les pays)

La femme, c'est donc toute cette somme d'idées, parfois contradictoires. d'ailleurs C'est un concept qui pèse, de l’extérieur comme de l’intérieur ! Car assez spontanément, une femme essaiera de répondre à ces images (toutes ou plusieurs), une femme sera tiraillée entre toutes ces attentes, extérieures, et les siennes propres, ses interrogations.

Je dirais que ces premières contraintes à la condition féminine sont généralement intériorisées. Elles font tellement partie des moeurs, des idées reçues, des traditions héritées (de la nuit des temps, oserais-je dire) qu'elles nous violentent indirectement, implicitement, de l'intérieur. Mais il est une autre forme de violence, extérieure, visible, qui doit toutes nous interpeller.

 

Etre une femme, dans le monde, au fil des siècles :

Ces propos trouveront sûrement un complément dans d'autres articles, tant il y a à dire...

On peut déjà distinguer, encore une fois, les problématiques de la condition féminine selon qu'on observe un pays industrialisé, ou un pays en voie de développement.

--> Dans les pays industrialisés, les tensions vont se concentrer sur l'égalité de traitement et de considération de la femme, par rapport à l'homme : emploi, salaire, reconnaissance des compétences propres, parité ... A cela s'ajoutent le problème de la féminité, dont j'ai déjà parlé et qui rejoint tout le poids entourant la définition d'une "femme", et le problème des violences familiales (par le conjoint, ou par les membres de la famille).

--> Dans les pays en voie de développement, la violence est plus visible, plus primitive même, dans le sens où elle rejoint les peurs et les comportements les plus ancestraux, les plus superstitieux.

  Depuis toujours, les femmes sont les premières victimes lors des conflits armés : violées, torturées, mutilées dans les parties les plus représentatives de leur féminité (sein, ventre quand elles sont enceintes). Elles symbolisent également la vie, rôle ô combien difficile à assumer, selon que l'ennemi cherche à avilir la descendance (par le viol) ou à la supprimer (par les mutilations ou le meurtre). Pensons également qu'en temps de paix, ce sont les femmes les premières victimes d’agressions sexuelles, quels que soient le pays ou la culture. Dans les pays en voie de développement, les femmes connaissent aussi une difficile accession au savoir : on ne les éduque pas, on les fait travailler ou enfanter. Etre une femme peut même ne pas avoir de valeur, est même indigne : en Asie,  par exemple,on empêche les fillettes de venir au monde, ou on les fait mourir en ne les nourrissant pas. Autrefois encore, dans notre propre pays, une femme dépendait de son père, puis de son mari. Quand celui-ci mourait, elle devait retourner chez ses parents et n'avait aucune légitimité sociale !

 


 

 

C'est sûr, ce n'est pas un article très gai, mais je tenais vraiment à souligner toutes ces réalités, et j'y reviendrai, tout simplement pour qu'on ne l'oublie pas, et pour que le combat se poursuive.

 

 

D'ailleurs, quelques liens :

Centre national d'information sur le droit des femmes et des familles

Lutte contre les violences faits aux femmes

Aide et action : pour l'éducation de toutes

Amnesty International, campagne pour les femmes

 

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Commenter cet article

Malicia 06/08/2010 19:14


Pas facile d'être une femme, c'est vrai.... :s


Paradoxale 07/08/2010 11:34



mais sympa tout de même, hein ?